Conditions pour réaliser un bon “Cocktail Pandémie“ *

A tous les amateur.es de lieu speakeasy cosy , de clubs vintage, et autres ambiance jazzy, nous vous invitons à vous installer dans de bon clubs, au milieu de mobilier en vieux bois, rideaux rouges et gramophone, afin de déguster, une nouvelle boisson détonante. Oubliez les classiques, « Mojito », « Sex on the Beach" ou encore « Soupirs, chambre 8 », « The Mary Poppins Explosion ». Non ! non ici, bien calé au fond de votre Chesterfield, dans un cocon intimiste et chaleureux fait de verdure, de grands luminaires suspendus, de pierres apparentes nous allons vous faire entreprendre un voyage, à la découverte d’ambiance tropicale et de saveurs inoubliables. Et comme vous avez l’âme d’un aventurier, d'un pirate, laisser vous emporter dans cet “after“ d’enfer. Une vraie Tuerie ! Maintenant que vous êtes bien installé, nous allons vous révéler le secret de la fabrication du “Cocktail Pandémie“ . En route, sans plus tarder vers la grande saga de “l’épidémie de pandémies “ (1) Le cocktail qui favorise les émergences de maladies infectieuses, qui ont explosé en 30 ans, est bien identifié, documenté, expliqué et prévisible par d’innombrables scientifiques du monde entier et ce depuis plusieurs décennies mais surtout depuis cette année importante de 1989 (Conférence de Washington sur les virus émergents). Il s’agit de :

La Déforestation: Changement de l’usage des sols = Augmentation exponentielle ; De la transmission de virus de l’animal à l’homme Du dérèglement climatique, interrégional/ mondial La Fragmentation des forêts et espaces naturels ( Urbanisation, Réseau routier, Barrages, Exploitations minières) . Qui a comme corollaire: la destruction : premièrement d’habitats naturels favorisant l’émergence de maladies virales et deuxièmement des structures culturelles et familiales autochtones : Conséquences Idem La destruction de la Bio-Diversité (au profit de la monoculture): Effondrement la diversité des races, disparition de l’élevage familiale…Conséquences Idem Développement de l’Agriculture et de l’élevage industrielle: Uniformisation génétique, Massification de la production animale (Bovinocène) Augmentation de la consommation de l’eau, et de biocide et des SDHI (2) . Conséquences Idem. -Pollution de la Terre, de l’Air, de l’Eau, des Mers. (10 millions de morts chaque année ) -Globalisation (Déplacement de milliards d’humains, animaux, marchandises)

-Les Inégalités sociales et économiques, qui produisent: la précarité, l’insalubrité, l’absence d’accès au soin, la malnutrition, la mort par la faim (9 millions /an) Absence de décisions concertées et de dispositifs réellement démocratiques.Conséquences idem. L’instauration d’un STRESS permanent qui, que ce soit pour les plantes, les animaux ou les humains est source de modification du métabolisme de ces organismes vivants provoquant au final la mort. C’est ainsi que se sont développés des épidémies zoonoses (c’est à dire d’origine animale) à répétition ces dernières décennies : ( SARS, Syndrome respiratoire aigu sévère, virus Ebola, Sida, , Zika, Nipah, La Dengue, Chikungunya, la vache folle 1998, Fièvre aphteuse de 2000-2001, Grippe aviaire H5N1 de 2004, grippe porcine AH1N1 de 2009, Covid 19 )…..et d’autres sont à venir.

Ces causes ont aussi entrainé une explosion sans précédent des maladies chroniques (Christian Vélot), comme l’hyperthension, l’obésité, l’asthme, le diabète, les troubles cardio-vasculaires les cancers (10 millions de morts /an). Ce qui nous oblige à considérer ces épidémies, non plus comme des pandémies, mais comme une Syndémie (3) c’est à dire la rencontre entre un virus devenu pathogène ( par les causes énumérées ci-dessus) et un ensemble de pathologies chroniques qui n’ont cessées de progresser vertigineusement. Contrairement aux propos de cet idiot de philosophe, ancien ministre de l’Education (4) (c’est dire dans quel marasme nous nous trouvons) il y a donc bien un lien fort et constant entre le développement de ce Capitalismocène, dont nous venons de décliner les caractéristiques, et les crises sanitaires que nous traversons depuis plus de 20 ans. Ce qui faisait dire au journaliste David Quammen le 28 janvier 2020 dans le New York Times “We made the coronavirus epidemic » (C’est nous qui avons fait l’épidémie de coronavirus). On le savait, (5) on le sait maintenant …and then ! Et bien les politiques, qui ont dans leurs tiroirs des centaines de rapport alarmant sur ce sujet, préfèrent toujours et encore faire la sourde oreille en continuant de promouvoir une vision techniciste, centralisée et autoritaire de la santé, et déroulent le grand tapis rouge aux intérêts des multinationales pharmaceutiques et de l’agrobusiness, qui s’engraissent toujours plus, grâce à eux. (Néo-libéralisme)

Aux antipodes de l’instauration d’une politique de santé et de protection civile pour l’ensemble de la population, ils mettent en place , patiemment mais sûrement, reliés par les médias dominants, une politique sécuritaire basée sur la contrainte, la privation de liberté, le stress généralisé, la peur, ce qui entraine une division des populations, une absence de fraternité de solidarité et une psychose collective, Mais ils ne s’arrêtent pas là. Ils déploient des outils qu’ils ont utilisés pour combattre soit disant un nouvel ennemi : le Bio terrorisme, inspiré par la stratégie “preparedness“ (scénario du pire Donald Henderson/Alex Langmuir/ David Schachter). A partir de là, va se développer la Bio sécurité ou Bio défense, d’abord aux E.U puis en Europe à partir de 2003. « La santé publiques trouve embrigadée dans les programmes de sécurité nationale et européens »(5). En octobre 2021 nous y sommes jusqu’au cheville…mais compte tenu de l’absence de réaction unitaire et massive, ne doutons pas que cela puisse monter plus haut Barbara Stiegler, philosophe, l’a expérimenté au sein de sa corporation universitaire quand elle dit que la communauté intellectuelle s’est tu et continue de se taire .C’est bien aussi le cas de la majeure partie de la population, qui face à cette violence étatique, terrorisante, est littéralement sidéré, atone et rentre dans cette dynamique de la soumission volontaire. Cette politique de la caste qui dirige l’Etat utilise les outils du nedge et du consentement (soft et hard), pour organiser (avec la complicité des partis politiques de “gauche“ et des directions syndicales) la fabrique d’une impuissance politique populaire et de transformation radicale. On voit combien depuis la mi-juillet 2021 et tout autour de nous, l’effet contrainte a imposée une obéissance totale, ce qui a entrainé un mal être et des symptômes de dépression qui se développent encore plus parmi ces salariés. Cette dynamique étant un phénomène social bien connu : l’effet d’imitation (G.Tarde) et de conformité au groupe ( afin de préserver sa position professionnelle, ne pas dégrader sa crédibilité, sa notoriété, et de pas subir une exclusion relationnelle et sociale) à la majorité afin de continuer à vivre… ( ce qui est bien légitime) ...surtout à consommer. On ne dira jamais assez combien un pouvoir est légitimé et renforcé par la masse d'indifférence, d'absence de solidarité et de fraternité de la majorité vis à vis de ceux qui s'engagent dans la contestation de ce pouvoir pour défendre les droits humains. Pour tout pouvoir ce ventre mou, vaut, oh combien !, consentement. Le premier acte d'engagement contre un pouvoir, n'est pas de le combattre mais plus tôt de ne rien faire (consciemment ou non ) pour le soutenir...ici on est loin du compte.

Dans cette période de marasme et de confusion soigneusement construite, réaffirmons ici que le plus grand prédateur de notre écosystème ce n’est pas l’HOMME, comme on le lit trop souvent, ni ses mauvais comportements ou habitudes mais bien le système CAPITALISTE qui nous fait vivre sous le joug de son ère implacable du Capitalismocène. Du haut de sa superbe ( médias, cultures (Soft pouvoir) polices justices (hard pouvoir)) il nous nargue, comme tout pouvoir, en nous disant : “Empêchez nous ! si vous en êtes capable“. Comme le dit Frederic Lordon,(6) “Nous sommes aux mains de fous dangereux,..la question de savoir, non pas « où », mais sur quoi atterrir (B.Latour)— et pour bien l’écraser : sur le capitalisme. » L’exaspération, la colère, la rabia et la haine que suscite cette violence du système capitaliste, chez certains citoyen, qui détruit la vie même, ne doit pas se transformer en réaction et en action individualiste directe. Mais se transposer en capacité à débattre, à contester, cette politique de domination, et à s’unir dans la rue et dans la grève pour construire un véritable front d’opposition massif. Tel est le seul défi idéologique et politique qui est devant nous, si on veut, quelque peu ralentir ou renverser la dynamique de cette barbarie. * Cet article s’appuie en grande partie sur le livre de référence (à lire absolument) de Marie-Monique Robin.La Fabrique des Pandémies Edition La Découverte Notes: (1) Serge Morand, parasitologie et écologie de la santé (CIRAD et CNRS (2) SDHI Succinate Dehydrogenase Inhibitor. Nom barbare et intraduisible, qui est un pesticide de la nouvelle génération. Il a reçu l’autorisation de marché par l’ANSES malgré la dénonciation depuis 2017 par les spécialistes mondiaux de la mitochondrie (système respiratoire de la cellule) . En effet cette nouvelle famille de pesticide, vise à ralentir ou à stopper la chaîne respiratoire des champignons parasites…la transmission à l’homme a déjà commencé, d’où les alertes (Tribune de Libération le 15 avril 2018 par un collectif de chercheurs CNRS, INSERM, INRA, Université). Pour en savoir plus nous vous renvoyons au livre de Fabrice Nicolino « Le crime est presque parfait » 1 ère enquête remarquable sur les SDHI. (3) Pour Richard Horton, rédacteur en chef de la revue scientifique Lancet, c’est bien une Syndémie multifactorielle, qui sévit avec le covid 19 et qui s’étend à cause d’une état de santé de certaines populations qui est affaibli, sans compter les systèmes et structures de santé inexistantes ou qui ne cessent d’être détruit. (4)“Voir un lien entre la pollution de l’air, la biodiveristé et le covid 19 relève du surréalisme, pas de la science »  Luc Ferry l’Express du 30 mars 2020 (5) “Les risques globaux des maladies infectieuses animales “ Rapport OMS, Agence américaine pour l’agriculture 2003 (6) Patrick Zylberman, Historien auteur de “Tempêtes microbiennes.“ (7) “Alors de deux choses l’une : le latourisme (Bruno Latour) peut continuer de ratifier ce délire, ne serait-ce que par l’implicite du mutisme, ou bien il peut envisager de proférer une réponse enfin sérieuse à la question de savoir, non pas « où », mais sur quoi atterrir — et pour bien l’écraser : sur le capitalisme.“Frederic Lordon, Philosophe Economiste Article Pleurnicher le vivant Le Monde Diplomatique septembre 2021

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